Apprendre à apprendre ensemble


Si nos savoir-être et -faire ensemble sont à l'aube d'une profonde mutation, il en est de même de nos modes d'apprentissage.

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Plutôt que de créer des savoirs en laboratoire avec des experts, puis de les transmettre de façon descendante, il s'agit selon nous de replacer l'intervention de professionnels comme des soutiens à la dynamique de co-apprentissage. Ils viennent faciliter le cycle de création de connaissance, pour permettre à l'apprenant·e de conscientiser ce qu'il ou elle sait et ce qu'il ou elle ne sait pas, et d'enrichir ces savoirs créés en les combinant avec d'autres savoirs cultivés à l'extérieur du groupe, dans d'autres contextes.

La plupart des grandes entreprises qui ont pris conscience de l'enjeu de réinventer leurs modes de gouvernance, sont en capacité d'investir pour accompagner ce changement.

En ce qui concerne les structures de l'Economie Sociale et Solidaire ou plus généralement les acteurs de la transition, ces investissements sont plus difficiles, d'autant que la diversité de leurs parties prenantes rend ce changement d'autant plus complexe.

Il y a donc un enjeu à élaborer des pratiques permettant le développement de communautés auto-apprenantes, pour que ces organisations demeurent ces lieux d'émancipation individuelle et collective, à la pointe de l'innovation sociale.


  • Les méthodes d'intelligence collective ou de gouvernance sont indissociables d'une transformation profonde de posture individuelle et de culture collective.
  • La profondeur des changements à l'oeuvre nécessite des lieux pour expérimenter en situation réelle, des lieux pour apprendre de ces expériences, par l'interaction entre pairs (approche socio-constructiviste), puis une pratique à inscrire dans la durée.
  • Les usagers eux-mêmes, en apprenant ensemble, peuvent créer des connaissances contextualisées, au plus près de leurs besoins, et adapter ces approches aux réalités humaines, culturelles et financières des structures où ils travaillent ou qu'ils accompagnent.

Les structures du champ de l'Economie Sociale et Solidaire ont souvent des ressources financières limitées et ont donc difficilement accès à des offres de formation ou d'accompagnement de qualité.
Par ailleurs, la diversité de leurs parties prenantes et de leurs contraintes respectives en terme de disponibilité et de localisation (par exemple, des bénévoles non disponibles en journée et des salariés non disponibles en soirée ou en week-end) rend difficile l'organisation d'ateliers de formation ou d'expérimentation dans une unité d'espace et de temps.
Enfin, le renouvellement continu de ces parties prenantes (turn-over important des bénévoles par exemple), fait que le chemin de transformation de leur gouvernance devient souvent un labyrinthe qui rend difficile l'intégration et la stabilisation de pratiques de gouvernance innovantes.

Selon nous, leur rôle est désormais :
  • De proposer des cadres pédagogiques permettant l'expérienciation et la récolte des fruits de ces expériences
  • D'aider l'apprenant·e à prendre conscience de ses savoir être et savoir faire existants au regard de cette expérience, et de ceux à développer pour réaliser son intention et son potentiel
  • D'orienter l'apprenant·e dans la myriade de contenus disponibles, d'outils et de concepts pour soutenir l'acquisition de ces nouvelles connaissances
  • De contribuer à la recherche et à la production de nouveaux contenus, en réponse à ces nouveaux besoins exprimés par les usagers directs de ces méthodes