Des communs pérennes du faire ensemble


Un enjeu d'innovation ouverte, de modèle économique et de gouvernance, qui invite à une nouvelle culture de la contribution consciente.


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Les Communs sont des ressources gérées collectivement par une communauté, celle-ci établissant des règles et une gouvernance inclusive dans le but de préserver et pérenniser cette ressource.

En d'autres termes, on peut définir les communs comme une ressource (le bien commun) + les interactions sociales (économiques, culturelles et politiques) au sein de la communauté prenant soin de cette ressource.

On peut aussi définir les biens communs comme la recherche par une communauté d'un moyen de résoudre un problème en agissant au bénéfice de l'ensemble de ses membres.

Des règles de gouvernance partagée


Pour que des Communs restent vivants sur le temps long, il est nécessaire que se stabilise une petite équipe dédiée à l'animation, la coordination, le soutien à la communauté, dont le budget de fonctionnement et les axes de travail soient définis par la gouvernance et stabilisés par un financement indépendant et régulier. Mais ce n'est pas la seule condition.

Un ensemble de huit règles, dont la plupart concernent la gouvernance partagée, a été mis au jour par les travaux d'Elinor Ostrom pour qu'une ressource, matérielle ou immatérielle, puisse être gérée durablement par une communauté. Cette chercheuse a reçu un prix Nobel d'économie (en 2009) pour avoir établi ce constat à partir d'observations empiriques, et pour avoir battu en brèche la croyance économique qui avait prévalu pendant les 200 années précédentes, selon laquelle une communauté humaine est incapable de gérer une ressource par elle-même.

La notion de gratuité doit être interrogée

La gratuité des Communs immatériels doit aujourd'hui être interrogée. La question est née dans le monde du logiciel libre en 1983. Richard Stallman, dans Free Sofware, Free Society, mettait en alerte : Think 'free speech', not 'free beer'. Transposé en français : libre renvoie à ouvert, et non nécessairement à gratuit.

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Depuis les années 2000, la culture de la gratuité a envahi le monde du web, nous nous sommes accoutumés à ne pas payer un prix pour la quasi-totalité des services numériques dans le champ de l'information, de la connaissance, de l'éducation et de la culture. Très progressivement, nous commençons à prendre conscience que « si c'est gratuit, c'est que nous sommes le produit » (If you are not paying for it, you're not the customer; you're the product being sold) et à découvrir que nos données personnelles sont utilisées de façon opaque.

Partout où les géants du web ont installé une culture de la gratuité, il devient très difficile à de nouveaux acteurs et actrices de créer des services alternatifs et donc de les concurrencer. Le premier arrivé prend tout (winner takes all) ... A moins qu'une nouvelle culture des Communs ne lui soit opposée.

Une nouvelle culture de la contribution consciente

Le cas des Communs immatériels est particulièrement retors aujourd'hui. Prenons l'exemple de Wikipedia ou des services numériques libres de Framasoft. Porteurs de magnifiques réalisations pionnières de Communs, utilisés par de très larges communautés, Wikipedia ou Framasoft peinent à trouver un modèle de financement pérenne.


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L'équipe de Framasoft, dont l'épuisement physique est proportionnel au succès de ses actions pour « Dégoogliser Internet » a lancé en octobre 2017 une campagne de sensibilisation, Contributopia, pour valoriser le geste de soutenir financièrement les services des créateur·rices de biens communs. Il est en effet devenu nécessaire que se développe une culture de la contribution consciente, pour se donner collectivement la liberté de faire autrement.

L'Université du Nous travaille également dans ce sens depuis sa fondation en 2010, avec une rémunération des interventions pédagogiques sous forme de participation consciente. Ce modèle amène les participants à interroger la notion de valeur et le rapport personnel à l'argent, mais il ne permet pas de développer un projet tel que les Jardinier·es du Nous.


C'est pourquoi nous avons décidé d'inviter une large communauté d'acteurs de la transition à aller plus loin ensemble et en conscience. Aujourd'hui, contribuer en participation consciente à soutenir des Communs du Faire Ensemble et des communautés auto-apprenantes est un acte engagé qui rend visibles la transition démocratique et une nouvelle économie des Communs.